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Une seconde, on calibre les couleurs.

Nouvelle identité McLaren 2026 : décryptage du logo

Certaines marques font partie de l'imagerie collective et McLaren en fait partie lorsque l'on parle de performance automobile et de beauté de la carrosserie. La nouvelle identité dévoilée le 22 septembre de cette marque iconique nous a intrigués, alors on vous en parle ici. Le Speedmark, l'aile orange que tout le monde reconnaît, n'a quasiment pas changé, et il recule même d'un cran en termes de présence dans la composition globale. En revanche, ce que McLaren a refait, ce sont ses lettres, sa typographie : un wordmark redessiné et une police sur mesure, McLaren Sans.

La nouvelle identité qui remonte au garage familial

Le nouveau wordmark s'écrit en grandes capitales, une sans-serif large et sobre. Seul le 'c' reste en minuscules, posé sur une barre horizontale qui le remonte à la hauteur des majuscules. Cette barre, à peu près tout le monde l'a prise pour un soulignement décoratif mais ce que peu de gens savent, c'est que ce trait est un morceau d'histoire : il vient de l'enseigne « McLAREN'S » accrochée au-dessus de la station-service que tenaient les parents de Bruce McLaren, à Auckland. C'est dans ce garage qu'il a retapé une Austin Seven de 1929 et a gagné sa première course, sur la plage de Muriwai, à quinze ans. De cette enseigne, McLaren a tiré une police entière, McLaren Sans, appelée à tout habiller, des voitures aux vêtements jusqu'au digital. Le Speedmark ne disparaît pas, mais il passe en signe d'appoint, plus petit, posé à côté du nom. Pendant soixante ans, on reconnaissait McLaren à un pictogramme, l'aile ou le kiwi, mais plus maintenant.

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Une refonte d'abord typographique

L'ancienne typographique du logotype était large, un peu bombé, avec des courbes qui sentaient l'aéro et la carrosserie. Elle commençait à dater et à l'agence, on est d'accord là dessus. La nouvelle typo est plus fine, plus géométrique, plus "classique", dans l'ère des Sans Serif qui ne prennent pas de risque. Mais techniquement, c'est du beau travail et le clin d'œil au passé est canon. Le seul souci que l'on identifie, c'est ce que cette élégance coûte : de la vitesse, du mordant et du caractère. Le glissement n'est pas propre à McLaren, c'est la pente de presque toutes les refontes premium depuis dix ans, on ne va pas en reparler encore et encore. Vous connaissez la chanson : on vise la sobriété, on finit par se ressembler tous, et une écurie qui vend de la vitesse se retrouve avec une typo qui respire tout sauf cela. McLaren a, à notre sens, un peu trop poli son caractère.

Uen gamme chromatique qui raconte

Le système ne s'arrête pas aux lettres et heureusement. La palette de couleur s'élargit, et chacune porte un nom pioché dans l'histoire de la marque. Le Papaya, l'orange dont Bruce peignait ses voitures pour les repérer en piste. L'Ember, pris aux combinaisons de l'époque. Le Midnight, un bleu des débuts. Le Colnbrook, du nom de l'usine des premières années. Le Muriwai, comme la plage de la première victoire. McLaren affirme les avoir toutes extraites d'une seule vieille photo de Bruce appuyé sur le pneu de sa monoplace. Le procédé de nommer des couleur dépasse le simple habillage car appeler une couleur « Muriwai » plutôt que « orange foncé », c'est la lester d'un récit, comme Lacoste avec son beige « terre battue ». Le nom fait passer une histoire là où le texte n'a pas sa place, sur une jante ou une carrosserie. Ainsi, on étend encore un peu plus le storytelling de la marque.

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Le logo McLaren, soixante ans de symboles

McLaren change de logotype à peu près une fois par décennie. La particularité de ce millésime 2026, c'est que pour la première fois le changement passe par le la typographie, pas par le symbole. Petit rappel, en sachant que les dates dansent d'une source à l'autre. Premier écusson au milieu des années 1960, un kiwi dessiné par Michael Turner. En 1971, Doug Eyre l'affine en Speedy Kiwi et l'orange s'installe. En 1981, le kiwi saute au profit de chevrons signés Raymond Loewy, excusez du peu, offerts par Marlboro qui sponsorisait l'écurie, d'où le rouge. Un seul chevron en 1991, puis le Speedmark en 1997, dessiné en interne sous Ron Dennis. Depuis, McLaren n'arrête pas d'osciller entre unifier et séparer. Version chrome en 2007, tout noir en 2017 pour souder l'automobile, la course et McLaren Applied en un groupe unique, puis retour de l'orange sur le logo de l'écurie en 2021 pour la démarquer. À chaque étape, c'était le symbole qui bougeait. Cette fois il reste tranquille, et c'est la typo qui prend le changement.

Marque 63 V8
Marque 85 V4 1
Marque 1991 V5

Fallait-il le faire ?

McLaren n'est plus seulement une écurie et un fabricant de supercars. Il court en F1, en IndyCar, revient à l'endurance avec l'hypercar MCL-HY engagée en WEC dès 2027, prépare un SUV et injecte cinq cents millions de livres dans une deuxième usine britannique. Son millième Grand Prix, à Monaco en juin, a servi de coup d'envoi à toute cette séquence anniversaire. Avec autant d'activités, une identité éparpillée finit par donner l'image de quatre boîtes différentes alors qu'une même typo qui tient sur une monoplace, un blouson et une appli, ça résout un problème d'intendance. Est-ce que ça valait une refonte ? Une révolution, non, et McLaren se garde de le prétendre mais une évolution intelligente, oui. 

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L'héritage du nom au-dessus des pompes

Il y a quand même quelque chose de beau en terme de storytelling dans cette évolution de la marque : elle vend des hypercars à sept chiffres et court sur trois continents va chercher son nom sur l'enseigne d'une station-service de banlieue, celle où un gamin retapait une Austin de 1929. Le mot peint sur les voitures d'aujourd'hui est, à peu de chose près, celui qui pendait au-dessus des pompes de ses parents. Peu de marques peuvent se payer un raccourci aussi net vers leurs origines.

Crédits photos : McLaren

Écrit par :

Antoine PUYFAGES

Designer graphique

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